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Témoignage : 39 mois d’allaitement, les hauts et les bas

Marilou, 32 ans et heureuse maman de trois enfants, partage aujourd’hui son parcours avec l’allaitement. Un partage d’expérience et de conseils qui met en avant la difficulté d’obtenir un accompagnement de qualité, personnalisé et bienveillant. 

Marilou a dès sa première grossesse souhaité mettre en place l’allaitement. À ses yeux, les bienfaits de la pratique comme la création d’un lien unique avec son bébé, les avantages de l’allaitement en lui-même ainsi que le partage et la complicité qui peuvent naître avec le papa, étaient des raisons suffisantes pour se lancer dans l’aventure malgré ses appréhensions. 

 

Ça a été une catastrophe

“J’ai essayé d’allaiter ma première… mais ça a été une catastrophe. J’ai été mal renseigné et je ne me suis pas du tout sentie écoutée. Mila a eu des complications des suites de l’accouchement et ne prenait pas le sein, s’énervait et pleurait beaucoup.

En plus, je n’ai su qu’à ses quatre mois qu’elle avait un frein de langue trop court ! À ce moment-là, je me suis promis de me renseigner pour le futur bébé. J’ai beaucoup souffert de ce non-allaitement qui me tenait pourtant beaucoup à cœur.

Pour Emma, ma deuxième, ça a été pareil. Elles sont nées en 2013 et 2015 et pour les deux naissances, j’ai trouvé que le personnel n’était pas à la hauteur. Pour autant, j’ai allaité Emma.

 

Je me suis sentie seule

La mise en place a été super mais j’ai eu des douleurs et des crevasses.  Pour elle, j’ai accouché par césarienne et j’avais du mal à trouver la bonne position pour l’allaiter et à bien la placer au sein. Après quelques coups de main d’une sage femme, j’ai trouvé mes positions fétiches. Mais mis à part cette aide pourtant précieuse, je me suis sentie à nouveau peu écoutée et épaulée.

 À mon sens, le personnel se contredit beaucoup et déjà que pour une jeune maman c’est difficile, si on lui donne des indications contradictoires, on la perd encore plus qu’on ne l’aide.

 Finalement, j’ai allaité Emma durant cinq mois donc quand ma troisième (Adonis) est née, je n’était plus mamallaitante. 

 

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J’ai tout donné pour mon bébé

 Pour Adonis, ça a été vraiment difficile les premières semaines car malheureusement, nous avons connu les services de réanimation et de néonatalogie. Les premières vingt-quatre heures ont été les pires car je ne l’avais pas avec moi.

 Le lendemain, quand je suis arrivée là où elle était hospitalisée, j’ai pu être aidée et écoutée vis-à-vis de mes attentes. Deux jours après sa naissance, nous avons appris qu’elle avait fait un AVC bilatérale ischémique in utéro. 

 À ce moment-là, on sait que notre enfant a vraiment besoin de nous, de notre chaleur et si possible de notre lait. J’ai donc tiré mon lait quatre à cinq fois par jour pendant huit jours.

Grâce à toute la bienveillance du corps médical, j’ai pu mettre en place l’allaitement au  sein au bout de six. Adonis était fatigué mais plein de volonté. Personnellement, j’ai eu des hauts et des bas (fatigue, coups durs et dépression) mais je n’ai jamais lâché, c’était nos moments à nous, nos moments privilégiés.

 

Le retour à la maison 

Le retour de la maternité s’est  bien passé avec mes trois enfants. À la maison, on est toujours mieux qu’à l’hôpital,  c’est notre cocon. La seule chose que je conseillerais à une future maman qui souhaite allaiter, c’est de s’écouter et de se faire confiance à 100%. Notre enfant sait ce dont il a besoin et nous le faire savoir. Il se réveillera de lui-même s’il a faim donc pas d’inquiétude !

Si on ressent le besoin d’être accompagnée, il ne faut pas hésiter à se tourner vers une sage-femme. Et si on trouve qu’elle ne répond pas à nos attentes, ne pas hésiter à en changer jusqu’à trouver celle qui nous épaule avec bienveillance.

 

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Une leçon

En résumé, pour Mila, ma première fille, la mise en place de l’allaitement a été le chaos mais cela a été une leçon pour la suite. Pour Emma, cela a été une véritable découverte et pour Adonis, mon dernier, ça a été comme un sauvetage à deux. 

Au total, j’ai allaité 39 mois et 23 jours. Mais la plus longue période d’affilée a été celle pour Adonis avec un allaitement long de 34 mois et 23 jours. J’ai la chance d’être maman à temps plein et de ne pas avoir eu à retourner travailler. Cela m’a permis de plus facilement conserver l’allaitement au sein. 

Avec le papa, nous avons déjà pour projet d’avoir un quatrième enfant. Si tout se passe bien, je compte reprendre un travail. Cela sera une nouvelle expérience pour moi. 

 

La place du papa 

En parlant du papa, mes premières n’ont pas le même qu’Adonis. Et leur père n’a pas été vraiment investi dans l’allaitement. Par contre, le père d’Adonis a été formidable ! Investi, à l’écoute et toujours présent même dans les pires moments. Par exemple, il caressait Adonis pendant la tétée ou me disait des mots doux. Je souhaite à toutes les jeunes mamans d’avoir un conjoint si impliqué.

D’ailleurs, se renseigner à deux à son importance : lire des livres, consulter à deux ou se rendre ensemble au cours de préparation à l’accouchement par exemple. Cela permet au futur et jeune papa de trouver sa place et de créer lui aussi un lien privilégié avec son enfant.

 

Mon ressenti 

Je crois que le plus dur pour moi, ça a été la fatigue. Sans parler des tétées intenses la nuit au moment des pics de croissances qu’il ne faut pas sous-estimer ! Selon les bébés et leurs besoins, ces périodes peuvent varier mais généralement ces pics interviennent à 5/7/10 jours et à 2/3/5/7 semaines de vie. Aussi, si j’ai bien retenu et appliqué une chose, c’est que quand on allaite à la demande, il faut absolument dormir ou au moins se reposer dès que bébé dort. C’est même une règle d’or pour le premier mois !

Généralement, en deuxième partie de nuit, ça finissait en cododo… Ma devise :  “Allaiter partout, tout le temps !”. Cela avait pour conséquence de troubler mon sommeil donc en revient au même point : la fatigue !

 

Mes astuces 

Avec 39 mois d’allaitement, nous pouvons dire que je suis rodée maintenant ! Pour reconnaître que mon bébé avait faim, je n’avais qu’à observer son comportement. S’il portait sa main à la bouche ou se tortillait à son réveil, je savais que c’était l’heure de lui donner le sein. Ensuite, pour savoir s’il était rassasié, une chose : il s’endormait au sein sans se réveiller ensuite. Bien sûr, je le stimulais toujours un peu pour être sûre qu’il n’avait pas encore envie de téter. 

Pour mes deux allaitements, j’ai eu des crevasses. Mes alliés ont été les coussinets en coton, la crème à la lanoline et mon propre lait ! J’ai également connu l’engorgement avec fièvre pour mon dernier.

Heureusement, décelé à temps, je suis passée sous une douche chaude et j’ai massé doucement ma poitrine pour en extraire le lait. Pour la fièvre, un petit Doliprane et c’était passé. Pour éviter ce type de situation, il faut veiller à ne jamais sauter de tétée. Si nous n’avons pas le choix, il faut tirer son lait. 

 

La fin de l’aventure 

Je devais me faire opérer et suite à cette opération j’allais avoir un traitement à prendre. J’ai donc anticipé et préparé une fin de l’allaitement tout en douceur pour Adonis. J’ai étalé cet arrêt sur un mois pour ne pas que cela soit trop brusque et déstabilisant pour lui (et pour moi..car c’est souvent dur de mettre un terme à ces moments de complicité). 

Ce que je retiens de mes allaitements, ce sont les regards plein d’amour échangés et les mains de bébé posées sur ma poitrine pendant les tétées. Par contre, ce qui ne va pas me manquer c’est la fatigue ressentie !

 

Le jugement des autres 

J’ai eu la chance de ne pas y être véritablement confrontée. J’ai entendu des “Mais tu comptes l’allaiter longtemps ?” ou des “Mais tu n’en as pas marre ?” mais ça ne m’a jamais atteint. 

Pour un allaitement serein, il faut être entouré de personnes bienveillantes, avoir le soutien de son conjoint et l’amour de sa famille. Mais surtout être calme, ne pas trop appréhender et ne pas hésiter à se tourner vers des professionnels qualifiés. 

Pour finir, je souhaite le plus beau et merveilleux allaitement à toutes les mamans ! ❤️”

Découvrez le quotidien de Marilou sur son compte Instagram

D’autres témoignages de mamans sont disponibles sur le blog ! 

Maïlys Panelle, conseillère en parentalité et fondatrice d'Hello Bébé. Je vous accompagne du premier jour de votre grossesse aux trois ans de votre enfant.

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