La période du non : pourquoi les enfants s’opposent et comment réagir ?

Beaucoup de parents redoutent ce moment : celui où leur enfant commence à dire “non” à tout.

Non pour s’habiller, non pour ranger les jouets, non pour partir du parc, non pour manger.

Cette phase d’opposition peut être épuisante et donner l’impression que l’enfant teste en permanence les limites.

Pourtant, cette période est en réalité une étape normale du développement de l’enfant.

Comprendre ce qui se passe à ce moment-là permet souvent de vivre cette phase avec beaucoup plus de sérénité.

Enfant en larmes en pleine période d'affirmation de soi

Pourquoi les enfants passent par la phase du “non”

La phase du “non” apparaît généralement entre 18 mois et 3 ans.

À ce moment-là, l’enfant réalise progressivement qu’il est une personne à part entière.

Depuis sa naissance, ce sont les adultes qui décident de presque tout : l’heure des repas, l’heure du bain, les vêtements, les sorties…

Dire “non” devient alors une façon pour l’enfant de s’affirmer et d’exprimer sa volonté.

Ce n’est pas une provocation.

C’est une étape importante de la construction de son identité.

 

Le cerveau du jeune enfant explique aussi cette opposition

Les neurosciences permettent aujourd’hui de mieux comprendre ce comportement.

Chez le jeune enfant, le cortex préfrontal, la zone du cerveau qui permet de contrôler les impulsions et de gérer les émotions,  est encore immature.

La pédiatre Catherine Gueguen, spécialiste des neurosciences affectives, explique :

 

« Le cerveau de l’enfant est immature. Il ne peut pas encore contrôler ses impulsions comme un adulte. »

 

Cela signifie que lorsque l’enfant ressent une envie ou une frustration, il lui est très difficile de se contrôler ou de prendre du recul.

Il peut donc dire non de manière automatique… parfois même tout en faisant exactement ce qu’on lui demande.

 

Pourquoi l’enfant peut dire “non” et faire quand même l’action

Certains parents sont surpris de voir leur enfant dire “non” tout en exécutant ce qu’on lui demande.

Ce comportement peut sembler contradictoire.

En réalité, il s’agit souvent d’un simple apprentissage du langage et de l’affirmation de soi.

Le mot “non” devient un outil pour s’exprimer, mais l’enfant ne sait pas encore toujours comment l’utiliser.

Il expérimente.

 

Choisir ses batailles pendant la période du non

Pendant cette phase, il est important de garder les limites essentielles.

Certaines règles ne doivent pas être négociées comme celle de la sécurité, de la santé et du respect des autres.

Par exemple, traverser la rue en sécurité, ne pas taper, ne pas mettre d’objets dangereux dans la bouche sont des non négociables.

En revanche, sur certains points du quotidien, il peut être utile de lâcher un peu de pression.

Tous les combats ne méritent pas d’être menés.

 

5 conseils pour parler à son enfant et favoriser la coopération

La manière dont nous parlons aux enfants influence énormément leur capacité à coopérer.

Voici quelques stratégies qui peuvent faire une grande différence :

 

1. Éviter de crier

Crier peut parfois sembler être la seule solution lorsque la situation devient difficile.

Pourtant, les cris ont souvent l’effet inverse puisque l’enfant se met à pleurer, il se ferme ou il crie encore plus fort.

Lorsque la tension monte, prendre quelques secondes pour respirer et parler d’une voix calme mais ferme peut changer complètement la dynamique.

Cela étant dit, j’ai conscience d’à quel point sortir de ses gonds est inévitable. Entre la fatigue, le sentiment d’être dépassé, parfois l’on crie sans même sans rendre compte. 

Une de mes astuces consistent à réduire son seuil de tolérance. J’en parle dans un article dédié sur mon blog.

 

2. Donner l’illusion du choix

Les enfants vivent dans un monde où les adultes décident presque tout.

Proposer deux options peut leur donner un sentiment de contrôle.

Par exemple : “Tu préfères mettre ton short ou ton pantalon ?”

Dans les deux cas, l’enfant s’habille… mais il a l’impression d’avoir choisi.

 

3. Formuler les phrases de manière positive

Le cerveau des jeunes enfants comprend mal la négation.

Quand on dit “Ne tape pas Maman” l’enfant peut surtout retenir : “tape Maman”.

Imaginez la panique quand vous le gronder alors qu’il pense avoir fait ce que vous lui avez demander.

On peut alors reformuler “On fait des caresses”.

Cette formulation est souvent plus claire pour lui.

 

4. Éviter les étiquettes

Il est important de dissocier l’enfant de son action.

Dire “Tu es méchant” peut blesser son estime de soi.

On privilégiera une phrase comme : “Ce que tu as fait n’est pas gentil/est méchant et interdit”.

Les mots que nous utilisons participent à la construction de la confiance en soi de l’enfant, sujet que j’aborde plus en détail dans cet article du blog.

 

5. Encourager les comportements positifs

Les encouragements ont un effet très puissant.

Lorsque l’enfant coopère, il est important de le lui faire remarquer.

Par exemple, on peut lui dire : “Merci d’avoir rangé tes jouets, ça m’aide beaucoup.”

Cela renforce les comportements que l’on souhaite voir se reproduire.

 

Anticiper les situations pour éviter les oppositions

Certaines oppositions peuvent être évitées en prévenant l’enfant à l’avance.

Par exemple au parc “Dans cinq doigts, nous allons rentrer à la maison.”

Puis “Encore deux doigts.”

Cette anticipation permet à l’enfant de se préparer au changement.

 

Accepter que tout ne fonctionne pas toujours

Même avec toutes les stratégies du monde, il arrive que certaines journées soient plus difficiles que d’autres.

Les enfants ont eux aussi des moments de fatigue, des frustrations et des émotions difficiles.

L’important n’est pas d’avoir un enfant parfait, mais d’avancer ensemble.

 

À retenir

La période du “non” est une étape normale du développement de l’enfant.

Elle apparaît généralement entre 18 mois et 3 ans et correspond à l’émergence de son identité.

Pour traverser cette phase plus sereinement, il peut être utile de choisir ses batailles, de poser des limites claires, de proposer des choix, de formuler les consignes de manière positive et d’encourager les comportements coopératifs.

 

FAQ – Questions fréquentes des jeunes parents

 

Pourquoi mon enfant dit-il non à tout ?

Dire non est une manière pour l’enfant d’affirmer sa personnalité et de tester son autonomie.

 

À quel âge commence la période du non ?

Elle apparaît généralement entre 18 mois et 2 ans et peut durer jusqu’à environ 3 ans.

 

Comment réagir quand mon enfant refuse d’obéir ?

Parler calmement, proposer des choix et expliquer les règles peut favoriser la coopération.

 

La phase d’opposition est-elle normale ?

Oui, c’est une étape classique du développement de l’enfant.

 

Article mis à jour le 15 mars 2026 par Maïlys Panelle, fondatrice d’Hello Bébé.

 

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