Coliques du bébé : comment les reconnaître et les soulager ?

Les coliques du bébé font partie des motifs de consultation les plus fréquents durant les premiers mois de vie et concernent de nombreux parents.

Elles apparaissent souvent dès les premières semaines et peuvent être particulièrement éprouvantes pour les parents.

Bébé pleure intensément, se tortille, replie ses jambes contre son ventre et semble inconsolable. Ces crises surviennent souvent en fin de journée, au moment où la fatigue s’accumule pour tout le monde.

Face à ces pleurs prolongés, il est fréquent de se sentir démuni et de se demander si quelque chose ne va pas.

Dans la grande majorité des cas pourtant, les coliques sont liées à l’immaturité du système digestif et du système nerveux du nourrisson. Le corps du bébé apprend encore à digérer, à évacuer les gaz et à réguler ses sensations internes.

Certaines approches simples peuvent alors aider à diminuer l’inconfort et à accompagner bébé pendant cette période.

Bébé en position panthère dans les bras de son parent pour soulager ses coliques du nourrisson

Pourquoi bébé a-t-il des coliques ?

Les coliques du nourrisson concernent environ 20 à 25 % des bébés. Elles apparaissent généralement vers la deuxième semaine de vie et diminuent progressivement autour de trois ou quatre mois.

La cause principale évoquée aujourd’hui est l’immaturité digestive.

 

À la naissance, le système digestif du bébé est encore en développement. Les muscles digestifs coordonnent encore mal leurs mouvements et le transit intestinal est parfois irrégulier.

C’est pourquoi les gaz peuvent s’accumuler plus facilement, d’autant plus que même le microbiote intestinal est encore en construction.

 

À cela s’ajoute l’immaturité du système nerveux, qui joue un rôle essentiel dans la digestion. Chez le nourrisson, les sensations internes (gaz, contractions intestinales) peuvent être perçues de manière plus intense.

C’est ce qui explique pourquoi certains bébés semblent particulièrement inconfortables, surtout en fin de journée lorsque la fatigue et les stimulations s’accumulent.

 

Comment reconnaître les coliques ?

On parle parfois de la règle des 3, utilisée dans les études médicales pour décrire les coliques :

 

  • des pleurs plus de 3 heures par jour

  • plus de 3 jours par semaine

  • pendant plus de 3 semaines

 

Cependant, dans la réalité, les coliques ne correspondent pas toujours exactement à cette définition. Certains bébés pleurent moins longtemps mais semblent malgré tout très inconfortables.

Chaque bébé vit cette période différemment.

 

Les coliques présentent souvent des signes caractéristiques :

 

• bébé pleure intensément et semble difficile à consoler

• son visage devient rouge

• il replie ses jambes contre son ventre

• il se tortille ou arque son dos

• ses poings sont serrés

• son ventre peut paraître dur ou tendu

• il émet parfois beaucoup de gaz

 

Ces pleurs surviennent souvent en fin d’après-midi ou en soirée, et peuvent durer plusieurs heures.

Même si ces crises sont impressionnantes pour les parents, elles sont généralement transitoires et liées au développement normal du système digestif.

 

Coliques ou autre chose ?

Certains pleurs peuvent aussi être liés à d’autres causes comme le reflux gastro-œsophagien, une allergie aux protéines de lait de vache, une faim persistante, une fatigue importante ou un inconfort lié à la couche ou aux vêtements.

Si les pleurs sont inhabituels, persistants ou accompagnés d’autres symptômes, il est toujours préférable d’en parler avec un professionnel de santé afin d’écarter toute autre cause.

 

Combien de temps durent les coliques ?

Les coliques apparaissent généralement entre la deuxième et la troisième semaine de vie.

Les pleurs augmentent souvent progressivement pour atteindre un pic autour de 6 à 8 semaines.

Ensuite, les épisodes diminuent progressivement à mesure que le système digestif et le système nerveux du bébé gagnent en maturité.

Dans la grande majorité des cas, les coliques disparaissent vers l’âge de 3 à 4 mois.

 

Les erreurs fréquentes face aux coliques

Lorsque son bébé pleure beaucoup, il est naturel de vouloir tout essayer pour le soulager. Pourtant, certaines habitudes peuvent parfois aggraver l’inconfort sans que l’on s’en rende compte.

 

Trop stimuler le bébé

Un bébé déjà inconfortable peut rapidement être surchargé de stimulations : lumières, bruit, manipulations répétées.

Lorsque le bébé est déjà en crise, un environnement calme et une présence rassurante sont souvent plus efficaces.

D’autre part, après une tétée ou un biberon, le système digestif du bébé est très sollicité. Des moments calmes après chaque repas peuvent favoriser une digestion plus confortable.

Durant ce moment, il peut être utile d’éviter les stimulations trop intenses (jeux très dynamiques, bruit, lumières fortes).

 

Changer trop souvent de lait

Il est fréquent de penser que les coliques sont forcément liées au lait. Or, dans la majorité des cas, les coliques sont liées à l’immaturité digestive et non au lait lui-même.

Changer de lait trop fréquemment peut parfois perturber encore davantage la digestion.

 

Suralimenter bébé

Face aux pleurs, certains parents proposent systématiquement un biberon ou une tétée. Pourtant, un estomac déjà plein peut accentuer l’inconfort digestif.

Je vous conseille donc d’observer les signes de faim réels de votre bébé.

 

Ne pas faire faire les rots

L’air avalé pendant les repas peut accentuer l’inconfort digestif. Faire faire un rot après la tétée ou le biberon peut aider à diminuer la pression dans l’estomac.

 

Vouloir absolument “faire disparaître” les coliques

Les coliques font partie du développement de certains bébés.

L’objectif n’est pas forcément de les faire disparaître immédiatement, mais plutôt d’accompagner le bébé et de diminuer son inconfort.

 

5 gestes qui peuvent soulager les coliques de bébé

Il n’existe malheureusement pas de solution miracle. Chaque bébé réagit différemment.

En revanche, certains gestes simples peuvent aider à diminuer l’inconfort digestif et à apaiser le système nerveux du bébé.

 

1. Le massage du ventre

Le massage du ventre peut aider à stimuler le transit intestinal et favoriser l’évacuation des gaz.

Avec des gestes lents et doux, vous pouvez masser le ventre de bébé dans le sens des aiguilles d’une montre, qui correspond au sens naturel du transit intestinal.

Le massage agit à plusieurs niveaux : il stimule le transit, il aide à mobiliser les gaz et favorise la détente grâce à la libération d’endorphines.

Il est préférable de pratiquer ce massage au moins 20 à 30 minutes après le repas pour plus de confort.

 

2. La chaleur sur le ventre

La chaleur a un effet relaxant sur les muscles digestifs.

Comme chez l’adulte lorsqu’on applique une bouillotte sur le ventre, la chaleur peut aider à diminuer les spasmes intestinaux.

Plusieurs options peuvent être utilisées comme une petite bouillotte adaptée aux nourrissons, le peau à peau ou vos mains réchauffées sous l’eau chaude.

La chaleur doit toujours rester modérée et être appliquée au-dessus d’un vêtement.

 

Focus sur le peau-à-peau 

Il est une manière très simple d’apaiser le bébé.

Le contact direct avec la peau du parent favorise la libération d’ocytocine, une hormone associée à la détente et au sentiment de sécurité.

Ce moment de proximité peut aider le bébé à se calmer et à diminuer l’intensité des pleurs.

 

3. La gymnastique douce

Certains mouvements peuvent aider bébé à évacuer les gaz.

Un exercice simple consiste à tenir délicatement ses jambes et à effectuer un mouvement de pédalage, comme s’il faisait du vélo.

Vous pouvez également ramener doucement ses jambes vers son ventre pendant quelques secondes puis relâcher.

Ces mouvements stimulent le transit intestinal et facilitent parfois l’évacuation des gaz.

 

4. Le portage et les positions qui soulagent

Le portage est souvent un excellent allié pour les bébés souffrant de coliques.

La position verticale peut faciliter la digestion et favoriser l’évacuation des gaz.

Le portage physiologique en écharpe ou en porte-bébé permet également au bébé de bénéficier de votre chaleur, de votre odeur et de votre rythme respiratoire et cardiaque. 

Ce contact favorise la co-régulation, un mécanisme naturel qui aide le bébé à s’apaiser.

Ces éléments participent à l’apaisement du système nerveux.

 

Les positions qui aident 

Certains bébés apprécient aussi la position ventrale sur l’avant-bras du parent, parfois appelée position panthère, qui exerce une légère pression sur le ventre.

La position bouddha (bébé face au monde genoux remontés sur l’abdomen et bras regroupés en son centre), peut aussi soulager les inconforts digestifs et aider à évacuer les gaz.

 

5. Veiller au confort du ventre

Lorsque le ventre est comprimé, l’inconfort digestif peut être accentué.

Il est donc important de vérifier que la couche n’est pas trop serrée et les vêtements ne compriment pas son abdomen.

En pratique, on doit pouvoir passer deux doigts entre la couche et le ventre du bébé.

 

D’autres petites choses peuvent aider

Certaines habitudes simples peuvent aussi améliorer le confort digestif de bébé comme par exemple :

• faire faire un rot après les repas

• maintenir un moment calme après la tétée ou le biberon

• éviter les stimulations excessives lorsque bébé est fatigué

• adopter une position confortable pendant l’allaitement ou le biberon

 

La succion peut également être très apaisante pour certains bébés, car elle favorise la libération d’endorphines.

 

Les mouvements rythmiques

Certains bébés sont particulièrement sensibles aux mouvements répétitifs et rythmés.

Le bercement, la marche avec bébé dans les bras, le portage ou les balancements doux peuvent aider à calmer le système nerveux et à diminuer l’inconfort.

On privilégie les balanciers de gauche à droite plutôt que les sautillements de haut en bas, car cela permet de stimuler doucement le système vestibulaire et donc d’aider le bébé à s’apaiser.

De plus, ces mouvements rappellent les sensations que le bébé connaissait dans le ventre de sa mère.

 

Les bruits blancs

Les bruits blancs peuvent également aider certains bébés à se détendre.

Des sons constants comme un ventilateur, un aspirateur, une application de bruit blanc ou même le bruit de l’eau peuvent parfois calmer les pleurs.

Ces sons rappellent l’environnement sonore que le bébé percevait pendant la grossesse.

 

La position ventrale pendant les temps d’éveil

La position ventrale, également appelée tummy time, peut aider certains bébés à évacuer les gaz.

Lorsqu’elle est pratiquée pendant les temps d’éveil et sous surveillance, cette position exerce une légère pression sur l’abdomen et stimule les mouvements du corps.

Cela peut faciliter la libération des gaz et soutenir le développement moteur.

 

Observer les temps d’éveil

Un bébé trop fatigué ou sur-stimulé peut avoir plus de difficultés à réguler ses sensations corporelles.

Respecter les temps d’éveil adaptés à l’âge du bébé et proposer des moments de repos réguliers peut parfois diminuer l’intensité des pleurs.

 

Les probiotiques

Certains professionnels de santé peuvent également proposer des probiotiques spécifiques pour soutenir le microbiote intestinal du nourrisson. Les résultats varient selon les bébés et il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé avant toute supplémentation.

 

Les coliques chez le bébé allaité

 

Les coliques peuvent aussi toucher les bébés allaités

Les coliques peuvent toucher aussi bien les bébés nourris au biberon que les bébés allaités.

Le lait maternel est généralement très digeste et parfaitement adapté aux besoins du nourrisson. Pourtant, certains bébés allaités peuvent eux aussi traverser une période d’inconfort digestif durant les premières semaines de vie.

Comme pour les autres bébés, les coliques sont le plus souvent liées à l’immaturité du système digestif et du système nerveux. L’intestin du nourrisson apprend progressivement à coordonner ses mouvements et à gérer la digestion.

 

Le réflexe d’éjection fort peut parfois accentuer l’inconfort

Chez certains bébés allaités, un réflexe d’éjection très fort peut amener le bébé à avaler rapidement de grandes quantités de lait et parfois un peu d’air pendant la tétée.

Cela peut favoriser l’apparition de gaz et accentuer les sensations de ballonnement.

Dans ces situations, certains ajustements peuvent parfois aider : faire des pauses pendant la tétée, maintenir le bébé dans une position légèrement plus verticale ou proposer un rot si le bébé semble inconfortable.

 

Faut-il modifier son alimentation pendant l’allaitement ?

Dans la grande majorité des cas, les coliques ne sont pas liées à l’alimentation de la mère et il n’est pas nécessaire de modifier son régime alimentaire.

Plus rarement, certains bébés peuvent présenter une sensibilité aux protéines de lait de vache présentes dans l’alimentation maternelle.

Lorsque c’est le cas, les coliques s’accompagnent généralement d’autres signes comme des troubles digestifs persistants, des selles inhabituelles ou des manifestations cutanées.

Si un doute existe, il est préférable d’en parler avec un professionnel de santé afin d’évaluer la situation.

 

Les coliques disparaissent avec la maturation du système digestif

Il est important de rappeler que les coliques ne signifient pas que le lait maternel ne convient pas au bébé.

Dans la grande majorité des cas, l’allaitement peut tout à fait se poursuivre normalement. Les coliques diminuent progressivement à mesure que le système digestif et le système nerveux du bébé gagnent en maturité.

 

Quand faut-il consulter ?

Même si les coliques sont fréquentes, il est préférable de demander l’avis d’un professionnel de santé si :

 

• bébé ne prend pas de poids

• les pleurs sont accompagnés de vomissements importants

• du sang apparaît dans les selles

• bébé refuse de s’alimenter

• son état général semble altéré

 

Dans la majorité des cas, les coliques sont simplement liées à la maturation progressive du système digestif.

 

Un mot pour les parents

Les coliques peuvent être très éprouvantes, surtout lorsque les nuits sont courtes et que les pleurs semblent interminables.

Il est important de rappeler que les coliques ne sont pas causées par une erreur parentale.

Votre présence, votre voix, votre chaleur et votre patience sont déjà des sources de réconfort importantes pour votre bébé.

Et surtout, cette phase finit toujours par passer.

 

À retenir

Les coliques du nourrisson sont fréquentes durant les premiers mois de vie et concernent près d’un bébé sur quatre. Même si les pleurs peuvent être impressionnants, elles sont généralement liées à l’immaturité digestive et nerveuse du bébé et disparaissent progressivement avec la maturation de son organisme.

Certains gestes simples comme le portage, le massage, la chaleur ou un environnement calme peuvent aider à diminuer l’inconfort et accompagner le bébé durant cette période.

 

Mini FAQ

 

Mon bébé pleure beaucoup le soir, est-ce forcément des coliques ?

Pas toujours. Les pleurs du soir sont fréquents chez les nourrissons et peuvent aussi être liés à la fatigue ou à la surcharge de stimulations de la journée.

 

Les coliques sont-elles dangereuses ?

Non, les coliques sont inconfortables mais bénignes dans la grande majorité des cas.

 

Les probiotiques peuvent-ils aider ?

Certaines études suggèrent que certains probiotiques peuvent améliorer les coliques chez certains bébés, notamment ceux allaités. Il est préférable d’en parler avec un professionnel de santé.

 

Les coliques existent-elles chez les bébés allaités ?

Oui, les coliques peuvent toucher aussi bien les bébés allaités que ceux nourris au biberon.

 

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