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L’acquisition de la propreté : faut-il laisser la nature opérée ?

Le saviez-vous ? La propreté n’est pas une compétence à acquérir en tant que telle mais quelque chose de naturelle qui vient grâce à la maturité du jeune enfant sur différents plans. C’est pour quoi dire qu’il s’agit d’un “apprentissage” est une erreur. Il s’agit plutôt de “l’acquisition de la propreté”. Je trouve d’ailleurs ce terme beaucoup moins stressant !

 

Quand sera-t-il “propre” ?

En réalité, la seule chose que nous devons apprendre à notre enfant c’est « où, quand et comment » aller aux toilettes. Au sein des sociétés dites moins développées, l’apprentissage de la propreté ne se fait pas en tant que telle.

Pourtant vers deux ou trois ans, voilà que les enfants de ses pays non occidentaux sont tout aussi propres que nos chères têtes blondes ! Tout cela se fait naturellement, grâce à l’évolution du corps et grâce au mimétisme. 

Généralement, c’est entre 18 et 36 mois que le jeune enfant devient « propre ». Personnellement, de tous les enfants que j’ai gardé, cela oscille plutôt entre deux ans et demi et trois ans. C’est même d’ailleurs l’été qui précède la première rentrée scolaire qui voit ces petits bouts devenir des experts de la gestion de leur continence. 

Pour que l’acquisition de la propreté se fasse, il est impératif que l’enfant soit prêt. Cela implique également qu’il soit d’accord de passer cette étape.

 

Comment savoir si mon enfant est prêt ?

Tout d’abord, il est nécessaire d’attendre que l’enfant soit en capacité de comprendre ce qu’on attend de lui mais aussi qu’il ait un certaine maturité sur trois plans différents :

  • Le jeune enfant doit avoir les muscles de son sphinctère assez forts et réussir à avoir un contrôle volontaire dessus. Pour cela, il faut attendre que sont système nerveux soit assez développé et coordonné. 
  • Il doit être en mesure de comprendre ce qu’on attend de lui et avoir un langage suffisamment développé pour réussir à faire comprendre qu’il a envie d’aller sur le pot ou sur les toilettes.
  • Il est nécessaire qu’il ne soit plus dans sa phase d’opposition forte (la phase du non) ou alors de réussir à faire la distinction entre l’opposition et la régression. 

 

Les compétences du jeune enfant prêt à aller sur le pot : 

  • Un développement moteur avancé : court, monte des marches en position debout en alternant les pieds, grimpe sur le toboggan sans aide etc
  • Il demande ou montre son envie d’enlever sa couche et d’aller sur le pot ou sur les toilettes 
  • Il sait à quoi servent le pot ou les toilettes et sait dire “pipi” ou “caca” et sait de quoi il s’agit
  • Il sait ce qui se passe dans son corps au moment T et dit par exemple “pipi” pendant qu’il fait dans sa couche

 

Les risques de forcer le jeune enfant

  • La constipation qui peut ensuite mener à des selles douloureuses et de plus en plus grosses avec risques de fissures anales
  • Un caractère plus entêté, coléreux et une opposition encore plus marquée
  • Le retour du pipi au lit ou des “accidents” alors que devenu propre car il aura besoin de retrouver cette période plus Secure ou il se sentait bien et non anxieux à l’idée de faire ses besoins

Chacun son rythme : les compétitions entre parents, cousins, copines sont de coutume au sein de notre société. Pourtant, la meilleure façon que notre enfant devienne propre, c’est de ne se mettre aucune pression à soi en tant que parent et aucune pression à lui. Chaque enfant est différent et évolue à son rythme donc ne vous inquiétez pas, il finira par devenir continent. 

 

Comment proposer le pot ?

Je déconseille toujours de mettre l’enfant sur le pot toutes les dix minutes ou quand on en avez envie, nous. En revanche, on peut lui proposer à des moments clés : après le repas, avant de partir, avant la sieste ou la nuit. Quand il sera familiariser avec le fait d’aller sur le pot, on peut lui proposer toutes les 1h30 par exemple. Aussi, une session sur le pot ne devrait pas excéder 5 minutes. Il est important de vraiment juste lui proposer et non pas de lui imposer. Cela risque de faire passer l’étape du pot/toilettes pour une étape anxiogène.

S”il ne fait rien dans le pot, ce n’est pas grave. C’est déjà un super point qu’il ait compris à quoi cela sert et qu’il n’appréhende pas de s’asseoir dessus. Il finira par faire dedans tôt ou tard.

Dans cette période où les accidents sont fréquents, quelques recommandations :

  • On ne gronde pas et ne punit pas un enfant qui a fait un “accident” car cela peut le mettre en situation d’échec : il déçoit ses parents et n’ait pas capable de faire comme les grands. Cela peut entraîner une baisse d’estime et de confiance en soi et en les autres. Cela peut aussi entraîner de la peur chez lui et le fait de faire ses besoins ou d’aller sur le pot deviendra un moment vraiment difficile pour lui.
  • On opte pour des habits légers et faciles à retirer en cas d’envie.
  • On évite le pot devant tout le monde, l’enfant a lui aussi besoin d’intimité. Dans le salon avec nounou ou le parent c’est possible mais quand tout le monde est là, il vaut mieux éviter. Pour favoriser la transition pot/toilettes, il est d’ailleurs recommandé de mettre le pot dans les toilettes. Si vous utilisez un réducteur, vous pouvez disposer un marche pied afin devant les toilettes afin qu’il puisse aller aux toilettes en autonomie. En général, l’acquisition de la propreté se fait en même temps que la crise identitaire des 2-3 ans, que leur besoin d’autonomie et du “je veux faire tout seul”, leur permettre un maximum d’être autonome augmente les chances de réussite et de coopération.

2 choses qui motivent le jeune enfant à aller sur le pot :

  • L’envie de faire comme les grands : jeune enfant il a cette envie d’être autonome et de faire tout seul, comme les grands. Le mimétisme va d’ailleurs beaucoup l’y aider : voir ses grands frères et soeurs et ses parents se rendre aux toilettes peuvent lui donner envie de faire pareil.
  • Le besoin d’amour et de reconnaissance des ses parents : “Bravo Martin ! Tu es super fort, tu as réussi à faire sur le pot !”. Qu’est-ce que c’est plaisant pour lui de rendre heureux son entourage et de recevoir les félicitations ! Attention tout de même à le rendre fier de lui pour lui et non pour la manière dont ses parents le voit. “Tu rends maman heureuse quand tu fais dans le pot” peut donner envie de faire dans le pot juste pour être bien vu et aimé de ses parents.

Pourtant, cet apprentissage doit être une fierté d’abord pour lui pour qu’il veuille la réitérer à chaque fois. Je vous conseille donc de ne pas vous inclure dans sa réussite mais vraiment de le féliciter lui et de lui expliquer à quel point c’est bien pour lui et non pour vous. Par exemple, vous pouvez lui dire “Super Martin tu as fait pipi dans le pot comme un grand. Bientôt, on pourra enlever la couche et tu seras beaucoup plus à l’aise pour jouer!”.

  • La verbalisation de tout ce qu’on fait avec l’enfant depuis sa naissance peut l’aider à mettre des mots sur les actions, les objets mais également ses sensations. Dans mon article “Pourquoi verbaliser avec bébé même s’il ne parle pas ?“, je vous explique les bienfaits de tout lui expliquer à chaque fois que l’on fait quelque chose avec lui ou devant lui. Pour en savoir plus, à ce sujet, n’hésitez pas à le lire ! 🙂

Accompagner l’acquisition de la propreté

 

La lecture

La lecture est reconnue pour favoriser les acquisitions que ce soit en termes de langage, d’autonomie ou de propreté. En voici un petit top 3 si vous avez besoin d’inspiration :

livre aller sur le pot propreté

 

Les activités

Les activités peuvent elles aussi aider le jeune enfant à passer le cap du pot ou des toilettes. En voici trois conseillées par des pédiatres : 

 

Le transvasement : pour montrer le mécanisme, quand la vessie est pleine, il faut la vider dans le pot. Quand la carafe d’eau est pleine il faut la vider.. Cela peut aussi être montrer avec la poubelle. Quand elle est pleine il faut la vider sinon ça déborde !

 

La pâte à modeler : pour imiter les selles 

 

La poupée : le mimétisme a un grand rôle dans cette acquisition. Lui proposer une poupée pourra stimuler son envie de faire comme elle.

 

 

Ne pas en faire un tabou

Il est très important de ne pas donner l’impression à l’enfant qu’il doit se cacher pour faire ses besoins, que c’est sale et qu’il ne faut pas en parler. Il doit pouvoir comprendre que c’est quelque chose de tout à fait naturel et de normal. Sinon, cela peut créer un réel blocage chez lui et une difficulté à devenir “propre” et parfois même des constipations. 

 

Et le parent dans tout ça ?

Pour se lancer dans l’aventure qu’est l’acquisition de la propreté de votre enfant, vous devez vous aussi vous sentir prêt. Pour que l’enfant se sente en confiance, il est nécessaire qu’il sente que pour vous c’est quelque chose de naturel et de normal. Cela passe aussi par le fait de ne pas être en stress et de ne pas s’inquiéter outre mesure.

L’entourage peut nous mettre une certaine pression et parfois même l’école dans laquelle nous venons d’inscrire notre enfant pour sa première rentrée des classes. Nous ressentons une crainte, celle qu’il ne soit jamais prêt à temps ! Pourtant, je vous rassure, 99% des jeunes enfants entrent à l’école en étant “propres”. D’ailleurs, peu importe son mode de garde, les professionnels qui s’occupent de lui y travaille tout en respectant son rythme en plus de ce que vous faites déjà avec lui. 

À l’école maternelle, la maîtresse propose les toilettes aux jeunes enfants toutes les 1h30. À force, votre enfant pourra encore mieux gérer sa continence. Et surtout, les ATSEM et professeurs savent qu’il peut y avoir encore des accidents et sauront être indulgent avec votre petit loup !

Le plus important ici, c’est de comprendre que l’acquisition de la propreté est propre à chacun. Ce n’est pas parce que Paul, Pierre et Jacques sont devenus propres à deux ans que votre enfant a un soucis ou que vous n’avez pas bien fait les choses. Il le deviendra avec votre accompagnement et celui de ceux qui l’entourent. 

 

Vous avez encore des questions qui vous taraudent ? Laisser moi un commentaire ou écrivez moi sur contact@hello-bebe.fr, je vous répondrais avec plaisir ! 

Maïlys Panelle, conseillère en parentalité et fondatrice d'Hello Bébé. Je vous accompagne du premier jour de votre grossesse aux trois ans de votre enfant.

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