crises de colère
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Le lien entre le “non” et les crises de colère

Avant trois ans, les enfants ne comprennent pas la négation et ont du mal à gérer leur frustration. De très nombreuses “crises” de colère peuvent alors émerger et ce, plusieurs fois par jour. Excédé, il se peut que cela vous fasse vous aussi sortir de vos gonds.

Pourtant, si nous nous penchons sur la question, nous pouvons trouver des centaines d’études et d’articles relatant l’immaturité du cerveau des tout-petits qui nous explique comment adapter notre discours afin d’éviter les “crises”. 

 

“Crises” et neurosciences 

Tout d’abord, il me semble important de rappeler qu’avant un certain âge, il est impossible pour un enfant de faire des caprices à proprement parler. En réalité, celui-ci est en fait entrain de vivre une véritable tempête émotionnelle. 

Saviez-vous que le cortex orbito frontal situé derrière le front est responsable de la capacité à ressentir de l’empathie et à gérer ses émotions ? Et bien avant cinq ans, celui-ci est immature ce qui empêche aux jeunes enfants de réussir à se contrôler. Ils se sentent submergés, apeurés de ce qu’ils ressentent et ont besoin de nous pour retrouver le calme intérieur. 

Ajoutez à cela qu’il leur est impossible de saisir la négation et il devient tout à fait logique que c’est à nous de nous adapter en terme de discours mais également d’attitude envers eux plutôt que l’inverse.

Autant nous ne pouvons pas attendre d’un nourrisson qu’il se lève et aille se préparer un biberon, autant nous ne pouvons pas attendre d’un petit bout de moins de cinq ans qu’il soit raisonnable et apte à comprendre et gérer ses émotions. 

Généralement, vous pouvez passer des journées, des soirées ou des nuits à dire “non” ou à répéter à votre enfant de “ne pas” faire telle ou telle chose. Cela a le don de vous épuiser et de vous faire perdre patience. 

 

La parentalité positive n’est pas du laxisme

Dans cet article, je ne cherche pas à vous transformer en des parents laxistes qui disent oui à tout et se laissent marcher sur les pieds. Loin de là. Les enfants ont besoin de limites pour pouvoir évoluer en sécurité mais également en sécurité affective. Surtout pendant la période tant redoutée de “la crise du non“.

Le réel but et de vous aidez à mieux vivre votre quotidien avec vos bambins tout en leur permettant de se développer correctement et à leur rythme. 

Nous ne dirons donc plus “non” à tout va et ne formulerons plus “ne fais pas ça”, “ne me tape pas”, “ne le pousse pas” mais plutôt “si tu fais cela, j’ai peur que tu te fasses mal. Prends plutôt ce jouet”, “quand tu fais ça, tu fais me fais mal. Fais plutôt des caresses”, “quand tu agis comme ça avec ta soeur, tu risques de lui faire très mal, joue plutôt avec lui”…

Dire “non” de manière positive permet à l’enfant de gagner en conscience de soi et des autres. Cela permet également de le responsabiliser quant à ses actes et leurs conséquences. Le plus, c’est que d’agir de la sorte avec lui, permettra de gagner en autonomie, en indépendance mais aussi en confiance en soi. 

Un autre point à ne pas négliger, c’est que les enfants prennent exemple sur leur entourage et particulièrement sur leurs parents. Si ceux-ci passent leur temps à répéter “non”, l’enfant en fera de même. Non pas pour vous embêter mais parce que cela sera devenu pour eux une chose tout à fait normale et quotidienne. 

 

Voici quatre choses que vous pouvez mettre en place pour connaître moins de conflits, de crises de larmes ou de colère, de frustrations et d’agacement au cours de vos journées :

 

1) Donner deux options

J’aime particulièrement toujours proposer deux options. Cela permet de donner l’impression à l’enfant qu’il peut choisir et non pas qu’on lui impose toujours tout. Par exemple, au lieu de lui dire “viens mettre ton pantalon”, nous pouvons dire “tu veux mettre ton pantalon bleu ou ton pantalon rouge ?”. Au lieu de dire “Donne-moi la main !” vous pouvez dire “Tu préfères me donner la main ou tenir la poussette ?”. “Tu veux une pomme ou une compote ?” etc. 

Grâce à cette astuce, vous remarquerez que les choses se passent moins dans la confrontation et dans les “cris”. 

 

2) Lui expliquer les conséquences 

Prévenir l’enfant de ce qu’il l’attend s’il n’écoute pas ou ne change pas de comportement permet de lui faire prendre conscience de ses actes et de le responsabiliser. “Si tu fais ça, tu vas lui faire mal et Maxime va être très triste”, “Je t’ai demandé de faire telle chose, est-ce qu’il faut que je me fâche ?” etc 

 

3) Remettre à plus tard

Lorsque vous n’êtes pas disponible à l’instant T pour faire quelque chose que votre enfant vous demande comme jouer avec lui, préférez reporter que d’annuler. Cela diminue la frustration chez l’enfant, celle-ci étant une des causes principales des “crises” de larmes ou de colère. Expliquez-lui pourquoi vous ne pouvez pas être disponible tout de suite et proposez-lui de le faire plus tard. Ce qui compte le plus ensuite est de tenir votre engagement. Cela permet de renforcer le lien de confiance que l’enfant à envers vous : il peut compter sur vous. Cela lui inculque également que lorsque l’on dit quelque chose on le fait. 

 

4)Prévenir au lieu de brusquer

Dans le monde des tout-petits, ce n’est jamais eux qui décident. Aller au parc, en partir, l’heure du bain, de la sieste ou du repas… Souvent, sans nous en rendre compte nous les coupons dans leurs activités et pour eux, c’est de la frustration et de l’incompréhension qui s’installent. 

Ce que je fais pour éviter cela, c’est que je préviens les enfants que nous allons partir du parc bien avant le moment fatidique. En fonction de leur âge, je leur dit que quand la grande aiguille de ma montre sera à tel endroit nous partirons ou alors que dans vingt minutes nous partons, puis quinze, dix, cinq et c’est l’heure. Il y a également la technique de la main. On leur montre les cinq doigts et toutes les 3 minutes par exemple, un doigt se baisse. Lorsqu’ils sont tous baissés, c’est l’heure de partir. 

Cette astuce est efficace pour presque toutes les activités quotidiennes. Annoncer le dîner, l’heure du bain, d’aller au lit, de ranger les jouets, de se brosser les dents etc. 

Essayez si ce n’est pas déjà fait, et redites m’en des nouvelles !

 

Auteure du blog hello-bebe.fr Je réponds à vos questions en 24h

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